Rencontre 2 - Jean Gorvan - Samedi 29 mai 2010
14 membres étaient présents pour cette deuxième
rencontre.
Jean Gorvan va nous parler de la photographie autour de 6 axes différents mais pas de façon linéaire. La forme serait plutôt comme une étoile, revenir au centre et repartir sur une autre ligne. Plus tard, les lignes auront des interconnections.
Photo
1 : 1827 ou 1828 - Nicéphore Niepce
3
jours de pose pour cette première photo. Elle est faite sur une plaque de
cuivre recouverte de bitume (écrasé et lié avec de l'essence de lavande) qui
est naturellement photosensible,
d’où cet aspect charbonneux. La plaque qui a servi au procédé est toute blanche
mais par un jeu de contre faces, le contraste apparaît de plus en plus. Le 19ème
siècle est tourné vers la recherche scientifique. C'est en 1996 que les experts
scientifiques ont analysé les différents produits utilisés pour la réalisation
de cette photo. Niepce a travaillé sur le nitrate d'argent mais il n'a pas
réussi à cerner sa durabilité.
Quelques
propos de la discussion autour de cette photo :
« La définition de la photographie est la trace, la marque, l’empreinte d’un sujet sur une surface sensible de façon durable ». Après, on complète ensuite avec le ressenti, les souvenirs etc., on y met des intentions particulières. Le problème n’est pas de savoir si on aime ou non, mais de savoir comment et pourquoi cette photo existe. L’important est le regard et l’intention. On va dans une expo pour s’interroger. La photographie selon l’émulsion, l’appareil, ne représente pas la réalité mais une interprétation.
Photo
2 : 1839 - Louis Daguerre
Elle est importante car elle est fondatrice de l’invention de
la photographie.
Daguerre va voir Arago de l’Académie des Sciences et montre cette image d’un
boulevard très fréquenté de Paris. La pose est ¼ d’heure, donc personne n’y
figure, sauf 2 personnes : le cireur de chaussures et son client restés
immobiles durant ce temps. Ce procédé s’appelle daguerréotype, les gris sont argentés du fait de la
présence d’argent. La netteté vient de l’argent sur une plaque de cuivre + de
la terre pourrie. Le tout est frotté jusqu’à ce que la plaque soit comme un
miroir. Elle est placée ensuite dans une boite avec de l’iode. L’argile
éparpille l’iode uniformément. L’iodure d’argent est sensible à la lumière.
Avec 15 minutes de pose, les portraits ne sont pas possibles. Il faudra une
émulsion avec du bromure pour y arriver. Pour arriver à la finesse et netteté
d’un daguerréotype, il faudrait 80 millions de pixels. En réaliser un coûte une
fortune et est très fragile. Une rayure n’est qu’un léger coup de pinceau pour
ôter une poussière. Gauche et droite sont inversés. Chaque daguerréotype est
UNIQUE.
1839 est la date officielle de l’invention
de la photographie et l’académie des sciences en fait « don au
monde ».
Photo
3 : 1840 – William Henry Fox Talbot

C’est un photogramme d’Asparagus : un monochrome sur support papier. Surtout, il s’agit du premier négatif, une invention
capitale. En effet, le daguerréotype est unique alors que le négatif permet la
multiplication. Il utilise du bichromate de potassium.
En cherchant, il trouve comment
faire un positif avec un négatif.
Photo
4 : 1840 – Hippolyte Bayard
Une écriture de la lumière. Beaucoup de
contraste avec les zones claires et sombres (mains et visages par rapport au
corps) car autrefois, le sombre était plus sombre et le clair encore plus clair
à cause des produits chimiques. Cette photo représente un mort noyé.
Pourquoi ? Elle a été prise avec une véritable intention : servir de
correspondance postale. En effet, Arago de l’Académie des Sciences n’a pas cru
à Bayard. Ce dernier lui a envoyé cette image et Arago a eu du remords et est
allé voir la veuve. Là, il découvre Bayard bien vivant. Ce n’était qu’un autoportrait
en noyé. Finalement, il octroie une bourse pour ses travaux dans le domaine de
la photographie.
Quelques
propos de la discussion autour de cette photo :
« La
photographie ne sera jamais la preuve de l’existence des choses » ! Donc quel regard avons-nous quand
nous regardons une image ?
Les 3 inventions présentées
précédemment étaient techniques et perfectionnements. Pour cette image, ce
n’est plus ça. Une photo, même médiocre, peut être bien. Il faut juger son
sens ! Désormais, il faut partir de là.
Les 2 premières photos étaient
sans intention et ne concernent que le procédé avec toujours l’envie de faire
évoluer avec les moyens de l’époque. Les 2 dernières ont des intentions, dans
la composition, l’histoire qui y est racontée.
Ces 4 images sont les
représentations habituelles : paysage, nature morte, le corps.
« Une bonne photo porte une énigme, un dialogue, sinon le
regard s’épuise et l’image n’a plus rien à dire ».
Si les avis divergent autour
d’une photo : on s’enrichit.
Temps de
travail autour du livre « musée de la photo » :
Après un tour de table pour
connaître les préférences de chacun, Jean Gorvan a fait quelques commentaires
sur les auteurs qui ont été cités par les membres.
-
Abbas :
l’axe vertical avec le tuyau de poêle coupe l’image en 2 avec les hommes
habillés à gauche et les torses nus à droite. Horizontalement, le côté habillé
est en haut et nu en bas. Elle est graphique.
-
Abbe
(qui a reçu le plus de suffrage) : composition au tiers. Formes lumineuses
et douces sont opposées à la lourdeur du poêle. Il y a un jeu de contrastes, la
femme illumine la scène. « Les éléments dialoguent et
il faut prendre le temps d’écouter ».
-
Alpert :
photographe documentaire qui fait représente son pays. Le traitement est
chaleureux. Il valorise son pays et les travailleurs (toujours nombreux), à la
limite de la propagande politique.
-
Arbus : son univers est déglingué, elle
fait des photos de choses un peu monstrueuses.
-
Armstrong :
photo faite sur la lune qui devient intéressante maintenant qu’elle est
controversée.
-
Arnold :
tout est dans le bras qui intervient pour corriger l’imperfection. Marilyn
n’est plus lisse et ça devient vraiment intéressant.
-
Atwood :
son travail photographique est orienté vers la marginalité. L’axe
central : 1 fille de chaque côté et en horizontal, ce sont les mains. Il y a une opposition
entre la douceur et le fond âpre. Le carrelage finit la composition.
-
Avedon :
cette photo est célèbre et a fait le tour du monde. Cet auteur est hanté par la
vieillesse et la mort (d’où le contraste entre la peau fine de la belle et
celle des éléphants).
Pour finir, Jean Gorvan nous
conseille d’aller à la conférence à Beaufou à 15h le dimanche 19 septembre.

