Comptes-rendus

1ère rencontre - 10 avril 2010

3ème rencontre - 25 sept 2010

Rencontre 2 - Jean Gorvan - Samedi 29 mai 2010

14 membres étaient présents pour cette deuxième rencontre.

Jean Gorvan va nous parler de la photographie autour de 6 axes différents mais pas de façon linéaire. La forme serait plutôt comme une étoile, revenir au centre et repartir sur une autre ligne. Plus tard, les lignes auront des interconnections.

Photo 1 : 1827 ou 1828 - Nicéphore Niepce

 

http://tde.typepad.com/.a/6a00d83451f4e569e20120a4d375e7970b-pi3 jours de pose pour cette première photo. Elle est faite sur une plaque de cuivre recouverte de bitume (écrasé et lié avec de l'essence de lavande) qui est naturellement photosensible, d’où cet aspect charbonneux. La plaque qui a servi au procédé est toute blanche mais par un jeu de contre faces, le contraste apparaît de plus en plus. Le 19ème siècle est tourné vers la recherche scientifique. C'est en 1996 que les experts scientifiques ont analysé les différents produits utilisés pour la réalisation de cette photo. Niepce a travaillé sur le nitrate d'argent mais il n'a pas réussi à cerner sa durabilité.

Quelques propos de la discussion autour de cette photo :

« La définition de la photographie est la trace, la marque, l’empreinte d’un sujet sur une surface sensible de façon durable ». Après, on complète ensuite avec le ressenti, les souvenirs etc., on y met des intentions particulières. Le problème n’est pas de savoir si on aime ou non, mais de savoir comment et pourquoi cette photo existe. L’important est le regard et l’intention. On va dans une expo pour s’interroger. La photographie selon l’émulsion, l’appareil, ne représente pas la réalité mais une interprétation.

Photo 2 : 1839 - Louis Daguerre

 

http://3.bp.blogspot.com/_FxC1JsZaMck/SvHEsYKGOfI/AAAAAAAAAec/MxDg-ZeRHMQ/s320/photo_Boulevard_du_Temple_Daguerre.jpgElle est importante car elle est fondatrice de l’invention de la photographie. Daguerre va voir Arago de l’Académie des Sciences et montre cette image d’un boulevard très fréquenté de Paris. La pose est ¼ d’heure, donc personne n’y figure, sauf 2 personnes : le cireur de chaussures et son client restés immobiles durant ce temps. Ce procédé s’appelle daguerréotype, les gris sont argentés du fait de la présence d’argent. La netteté vient de l’argent sur une plaque de cuivre + de la terre pourrie. Le tout est frotté jusqu’à ce que la plaque soit comme un miroir. Elle est placée ensuite dans une boite avec de l’iode. L’argile éparpille l’iode uniformément. L’iodure d’argent est sensible à la lumière. Avec 15 minutes de pose, les portraits ne sont pas possibles. Il faudra une émulsion avec du bromure pour y arriver. Pour arriver à la finesse et netteté d’un daguerréotype, il faudrait 80 millions de pixels. En réaliser un coûte une fortune et est très fragile. Une rayure n’est qu’un léger coup de pinceau pour ôter une poussière. Gauche et droite sont inversés. Chaque daguerréotype est UNIQUE.

1839 est la date officielle de l’invention de la photographie et l’académie des sciences en fait « don au monde ».

 

 

 

Photo 3 : 1840William Henry Fox Talbot

 

http://images.forbes.com/images/2001/04/11/con_aspargus_300x365.jpg

C’est un photogramme d’Asparagus : un monochrome sur support papier. Surtout, il s’agit du premier négatif, une invention capitale. En effet, le daguerréotype est unique alors que le négatif permet la multiplication. Il utilise du bichromate de potassium.

En cherchant, il trouve comment faire un positif avec un négatif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 4 : 1840Hippolyte Bayard

 

http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/05/bay.jpgUne écriture de la lumière. Beaucoup de contraste avec les zones claires et sombres (mains et visages par rapport au corps) car autrefois, le sombre était plus sombre et le clair encore plus clair à cause des produits chimiques. Cette photo représente un mort noyé. Pourquoi ? Elle a été prise avec une véritable intention : servir de correspondance postale. En effet, Arago de l’Académie des Sciences n’a pas cru à Bayard. Ce dernier lui a envoyé cette image et Arago a eu du remords et est allé voir la veuve. Là, il découvre Bayard bien vivant. Ce n’était qu’un autoportrait en noyé. Finalement, il octroie une bourse pour ses travaux dans le domaine de la photographie.

 

Quelques propos de la discussion autour de cette photo :

« La photographie ne sera jamais la preuve de l’existence des choses » ! Donc quel regard avons-nous quand nous regardons une image ?

Les 3 inventions présentées précédemment étaient techniques et perfectionnements. Pour cette image, ce n’est plus ça. Une photo, même médiocre, peut être bien. Il faut juger son sens ! Désormais, il faut partir de là.

 

Les 2 premières photos étaient sans intention et ne concernent que le procédé avec toujours l’envie de faire évoluer avec les moyens de l’époque. Les 2 dernières ont des intentions, dans la composition, l’histoire qui y est racontée.

Ces 4 images sont les représentations habituelles : paysage, nature morte, le corps.

« Une bonne photo porte une énigme, un dialogue, sinon le regard s’épuise et l’image n’a plus rien à dire ».

Si les avis divergent autour d’une photo : on s’enrichit.

 

Temps de travail autour du livre « musée de la photo » :

Après un tour de table pour connaître les préférences de chacun, Jean Gorvan a fait quelques commentaires sur les auteurs qui ont été cités par les membres.

 

-          Abbas : l’axe vertical avec le tuyau de poêle coupe l’image en 2 avec les hommes habillés à gauche et les torses nus à droite. Horizontalement, le côté habillé est en haut et nu en bas. Elle est graphique.

-          Abbe (qui a reçu le plus de suffrage) : composition au tiers. Formes lumineuses et douces sont opposées à la lourdeur du poêle. Il y a un jeu de contrastes, la femme illumine la scène. « Les éléments dialoguent et il faut prendre le temps d’écouter ».

-          Alpert : photographe documentaire qui fait représente son pays. Le traitement est chaleureux. Il valorise son pays et les travailleurs (toujours nombreux), à la limite de la propagande politique.

-           Arbus : son univers est déglingué, elle fait des photos de choses un peu monstrueuses.

-          Armstrong : photo faite sur la lune qui devient intéressante maintenant qu’elle est controversée.

-          Arnold : tout est dans le bras qui intervient pour corriger l’imperfection. Marilyn n’est plus lisse et ça devient vraiment intéressant.

-          Atwood : son travail photographique est orienté vers la marginalité. L’axe central : 1 fille de chaque côté et en horizontal,  ce sont les mains. Il y a une opposition entre la douceur et le fond âpre. Le carrelage finit la composition.

-          Avedon : cette photo est célèbre et a fait le tour du monde. Cet auteur est hanté par la vieillesse et la mort (d’où le contraste entre la peau fine de la belle et celle des éléphants).

 

Pour finir, Jean Gorvan nous conseille d’aller à la conférence à Beaufou à 15h le dimanche 19 septembre.